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les déjantés 65

les déjantés 65

les péripéties de droles de cyclistes au fil des saisons de compétitions

Déjantés en Espagne

Déjantés en Espagne

Difficile de faire un reportage et de revenir sur cette journée, sans penser bien sûr à cette terrible nouvelle que nous avons tous appris en franchissant la ligne d'arrivée, avec le décès pendant l'épreuve de l'ancien professionnel espagnol David Canada, passé notamment par La Once, victime d'une terrible chute qui viendra emporter un gars qui était venu en ami des organisateurs de cette magnifique cyclosportive qu'est la Puertos Ribagorza. Ce fut une véritable douche froide pour tous les participants.

David Canada

David Canada

Difficile aussi de faire un reportage sans les magnifiques clichés de Léléne, alors c'est avec mes mots et mes quelques images que je vais tenter de vous narrez cette escapade d'un Déjantés en Espagne.

D'ordinaire ce week-end là je m'engageais chaques années sur l'Albigeoise, mais cette année c'est un tout autre programme, plus montagneux et un peu plus hispanique. Direction la petite localité de Graus en Aragon, village atypique, pour participer à la Puertos Ribagorza. Deux parcours sont proposés (133 et 180 km) avec de la montagne et de très bon casses pates.

Çà va piquer dans les Pyrénées Espagnoles

Çà va piquer dans les Pyrénées Espagnoles

Nous sommes trois à partir de Luchon le vendredi soir, Jean-Jacques Jolibert de l'AS Muret, Louis Ferré estampillé des couleurs de la boutique "Luchon Cycling" de Christian Lafont et votre Neum's qui va donc s'internationaliser le temps d'un week-end. Christian aurait dut venir aussi mais une empêchement professionnel ne lui permettra pas de se joindre à nous.

Nous arrivons à Graus, le temps de récupèrer les dossards, on manque déjà d'attraper un torticolis avec Jolibert, entre ces dames qui nous accueillent et ces dames qui seront nos concurrente le lendemain, c'est une foire à la belette à laquelle nous sommes venu assister.

Le camping où nous séjournons aussi ne nous laisse pas de marbre avec un superbe cadre au bord d'un lac. Après une bonne collation où Le Neum's demandera double ration de poulet, il est déjà temps d'aller retrouver les bras de morphée, la journée de demain risque d'être rude.

C'etait pas des vacances mais çà y ressemblait presque

C'etait pas des vacances mais çà y ressemblait presque

Samedi 6h, le réveil sonne. Les 3 gaziers semblent motivés. Le temps pour nous d'avaler le petit déjeuner et de se préparer, il faut s'enquiller les 9 bornes en direction de Graus pour le départ, que nous feront en vélo en guise d'échauffement.

Nous arrivons dans la petite bourgade aragonaise et déjà nous pouvons comprendre que nous allons assister à un grand rassemblement d'amoureux du vélo. Nous sommes presque 2000 à prendre le départ des 2 parcours, Jean Jacques, Louis et moi s'élanceront sur le 133 km.

Il est même pas 8h du matin et le mercure affiche déjà plus de 15°C, autant vous dire que nous allons pas avoir froid.

L'ambiance est bonne, cet accent chantant des espagnols moi çà me régale. On rigole, on jette des coups d'oeils à droite à gauche, on retrouve un peu l'ambiance des courses UFOLEP, mais à taille XXL.

Déjantés en Espagne

8h : le départ est donné. C'est une véritable marée humaine qui s'élance à l'assaut des Pyrénées Espagnoles. L'objectif pour Le Neum's est de montrer le maillot des Déjantés aux espagnols, de prendre du plaisir sur un terrain de jeu que j'affectionne et de continuer à essayer de gommer mes carences.

Une alliance AS Muret/Déjantés 65 va alors se former entre Jolibert et Le Neum's sur les premiers kilomètres, pour remonter à l'avant de la course. On croise d'ailleurs des français connus comme Martine Petrolini du GPCC ou encore un gars de La Roue Libre d'Huos donc le nom m'échappe.

Çà va très vite, l’enchaînement de plats, bosses, fait mal mais pour le moment tout le monde suit, on boucle la première heure de course avec 40km/h de moyenne au compteur.

Un premier tunnel traversé va créer une première cassure, un concurrent explose son pneu ou boyau dans la pénombre, panique générale, tout le monde gueule, çà ralenti, çà frotte, pas de dégâts, mais dans l'histoire mon équipier muretain file, je ne le reverrai plus.

Je me retrouve alors au milieu d'un groupe d'espagnol, où la communication s'opère plutot d'une drole de façon, avec mon espagnol digne d'une vache anglaise. J'ai même la surprise de voir une jolie demoiselle d'une vingtaine d'année monter à ma hauteur dans les bosses, mais bordel reste concentré sur ta "course" Neum's.

Au pied du premier col je décide de lâcher mes compagnons en prévisions de la descente où je sais que je serais plus à la peine. Les 10 km de cette première difficulté du jour s'avalent relativement vite malgré des passages entre 8 et 10 %.

Je me fait rattraper par le même groupe au pied d'une descente technique et signeuse, où j'arrive tout de même à prendre confiance.

Il y'a quand même une sacré liaison entre les deux difficultés qui se présentent sous la forme de faux plats descendants et de coups de cul qui vont faire mal aux jambes, surtout que le thermomètre continue de monter.

Le second col de la journée va se monter au train, 7km d’ascension où je vais partir vite en bas du col, pour accuser un peu le coup dans les derniers hectomètres, je décide alors de m'arreter au ravito.

Encore une descente technique et signeuse pour Le Neum's qui devra combattre ces vieux démons, chose qu'il fera plutôt d'une bonne manière.

Un gros groupe se forme alors dans cette descente, avec une trentaine de gars motivés pour réaliser un bon temps et rallier l'arrivée vers Graus. Dans la plus grande partie chacun joue le jeu et prend son relais dans un enchaînement de profil différent similaires à la première liaison.

Avec un fort vent dans la tronche on est plutot content de pouvoir allier nos efforts, surtout quand on ramasse au fur et mesure qu'on avance des gars à la petite cuillère et quasiment à l’arrêt .

Les derniers kilomètres vers Graus sont vallonnés, difficiles, ventés, et même pour accrocher une 100eme place les espagnols roulent forts et balancent de sacrés accélérations.

J'ai les jambes qui brûlent, mais je serre les dents pour rester accrocher au groupe. Et c'est là où on voit que la compétition apporte énormément, car pas sur que l'an dernier à la même période j'aurais tenu le coup.

Neum's franchi la ligne d'arrivée en réalisant une belle prestation avec 129 km bouclés en 4h05 à 31 km/H de moyenne, 5 minutes derrières un Jean Jacques Jolibert inusable et chevronné. Louis arrivera plus tard mais avec le sentiment d'une belle performance accomplie.

C'est à ce moment là que nous apprenons la terrible nouvelle, la course sera neutralisée, je ne pense pas que les organisateurs publieront les classements, chose que je trouve tout à fait normale au vue du drame survenu.

Le charme espagnol

Le charme espagnol

Le village arrivée par contre c'est Darty, des boissons de récup' en veux-tu, en voilà, de la nourriture pour tout un régiment et surtout surprise de la bière gratuite et à volonté au bar. Servi qui plus est par de très charmantes jeunes filles espagnoles.

Autant vous dire que je vais dès mon retour proposer au président d'organiser un bus de Déjantés pour le prochaine édition l'an prochain. Vous imaginez les Soulekoff, Jujubert, Moeckler, Marcushof, Pintana ou encore El Fusillado avec ce genre de stand après une course ? Moi non il faudrait censurer les publications.

Rest In Peace

Rest In Peace

Mais hélas ce que je retiens, c'est cette mort subite de ce champion, qui viendra un peu tenir cette journée.

Une mort brutale qui nous rappelle que professionnels comme amateurs, nous pratiquons un sport dangereux, mélange d'exploits, de performances , d'émotions mais aussi de terribles dramaturgies, moments de solitudes et peines.

Il était venu vivre sa passion, comme vous, comme moi, tous les weeks-end.

Et depuis hier soir une nouvelle étoile brille dans le ciel.

Repose en paix camarade !

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